Et voici le fleuve Niger
Je reprends la route. Cette route qui est au cœur de ce voyage. Au-delà de la beauté des paysages, ma mémoire grave aussi et peut-être surtout cette multitude de petits moments vécus à moto. Regards fugitifs de femmes sur les bords de route, éclats de rire d’enfants d’Afrique, sourires d’un instant, la route c’est avant tout cela.
Une rencontre, un sourire
Mopti, grand carrefour commercial sur le Niger se profile à l’horizon. De grands troupeaux de zébus et de bœufs convergent vers les campements peuls à la périphérie de la ville. Ceux-ci soulèvent un brouillard de sable qui arrive à cacher en partie la ville. Mopti est aussi un carrefour ethnique où se mélange Peuls, Touaregs, Dogons, Bambaras et autres.
Troupeau de zebus aux abords du Niger
A un carrefour, j’aperçois un policier. Chouette, cela tombe bien, je vais lui demander mon chemin. Tiens, il lit dans mes pensées, voila qu’il me siffle et me dit d’approcher ! Comment cela je n’ai pas respecté la stop ? Je me suis arrête à la ligne blanche ! Ha ok, il fallait s’arrêter au panneau stop, je vois…9000 CFA pour l’infraction que je dois aller payer a pied au commissariat. Ce n’est pas parce que je suis blanc par hasard ? Je garde le sourire et lui dit texto qu’il n'est pas gentil, qu’à ma joie de voir un homme en uniforme pouvant m’aider, j’ai oublié de m’arrêter au panneau. Moi qui pensais que les policiers maliens étaient plus gentils que leurs collègues nigérians… Il me répond qu’il faut que j’y aille. Tiens, voilà qu’il me laisse aller au commissariat en moto. Une fois l’amande payée je reviens donc voir mon ami le policier. Et voilà-t-il pas qu’il me demande pourquoi j’ai payé l’amande, il m’avait dit d’y aller ! Argh ! Je fais rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat malien ! Pas si méchant que ça finalement !
Hadji est guide piroguier. En ce moment, l’activité touristique est aussi bas que le fleuve Niger. Ce Peul originaire de Mopti me fait découvrir en fin de journée le Niger et son affluant le Bani. Les bateaux de la COMONAV, la compagnie fluviale, sont à quai. Impossible de joindre Bamako ou Tombouctou par voie d’eau. Sauf par pinasse, ce qui demande pas mal de jours ! Les rives du Niger ont vu l’essor et le déclin des plus grands Empire d’Afrique de l’Ouest : l’Empire du Ghana, le grand Empire du Mali entre le XII et le XIV siècle, L’Empire Songhaï et l’Empire des Bambaras ensuite. Le roi de ces derniers s’étaient entourés d’une garde constituée par la sélection naturelles des plus forts et des plus beaux (tiens cela ne vous rappelle-t-il pas un autre épisode de l’histoire ?).
Le grand Niger, source de vie qui sur des rives a vu se multiplier ces grands empires. Les femmes y font la lessive, les textiles séchant au soleil forment une mosaïque multicolore. Les hommes eux lavent motos et véhicules. Les okadas ont ici pour nom les dri-dri. Mais ils ne font pas office de mototaxis. Pendant que les parents sont occupés, les enfants jouent dans l’eau et me lancent joyeusement des toubabs (blanc) à notre passage sur le fleuve. Certains semblent courir sur l’eau loin de la rive tout prés d’autres enfants dont seul la tête émerge. Effet magique ! Je mesure en tout cas le peu d’eau actuel du Niger.
Les berges du Niger
Sur la rive opposée, des villages Bozos. Ceux-ci sont des pêcheurs installés le long du Niger. A la saison des pluies, le Niger recouvre alors ces villages. Les habitants migrent sur Mopti en proie alors à la surpopulation. Le long du port, les pinasses colorées s’alignent les unes à côté des autres. Peut-être une des raisons du surnom de la ville. Elle est en effet appelée la Venise de l’Afrique. Encore un coup marketing des professionnels du tourisme ! On ne compte plus en effet les villes affubléees de ce titre de par le monde ! Le soleil se couche sur le fleuve Niger offrant encore une fois un spectacle dont je ne me lasse jamais. Des pêcheurs ramènent leurs derniers filets. Penchés sur leur pirogues, ils ne sont plus que des ombres sur fond de ciel orangé.
Pêcheurs bozos
Allongé sur un banc, je regarde les étoiles apparaître les unes après les autres. Près de moi, un cireur de chaussures. On échange quelques mots. Il a le visage tiré par la fatigue, les yeux perdus dans le vague. Il me demande lui qui veut quitter cette terre d’Afrique quel pays est le mieux. Difficile de lui répondre…Je lui sort néanmoins l’Angleterre et non la France (surtout par les temps qui courent…). Son regard se perd au loin, il me répond vaguement réfléchissant sur ma réponse en fixant les pavés du troitoire. Je lui demande comment il compte se rendre en Europe. Il m’affirme qu’il connaît plusieurs moyens. Au bout d’un moment, il quitte le banc et s’éloigne dans la pénombre de cette fin de journée.
Tomas m’accueille à Sevare, petite ville à 13 km de Mopti. Il travaille ici pour une ONG et conduit lui aussi une dri-dri. Une Dragon pour être exact avec des flammes et tout cela. Sa femme me demande toujours si je veut manger même après le petit-déjeuner ! En fait de nourriture, je me retrouve toujours dans la salle de bains avec des pétards déjà prépares ! Ce matin, je n’ai pas faim, je prends la route pour la mytique Tombouctou !
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Circoncis
Mosquée de type soudanaise
La maison de l'Ogon
Le village au pied de la falaise
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