Tombouctou, cité des sables
Voici enfin la fameuse Tombouctou aux portes du désert. Le voyage ne fut pas de tout repos, pas facile d’y arriver comme si il fallait la mériter. Parti la veille au soir de Mopti à bord d’un vieux Land Cruiser (après avoir entendu toute la journée que le véhicule soit prêt), les freins de celui-ci ont lâché et il nous a fallu dormir au bord de la piste. Pendant ce temps, le chauffeur tachait de faire le nécessaire dans la ville voisine. Mais au petit matin, toujours pas de 4x4 et le soleil commence à s’élevait dans le ciel. Les autres passagers, en majorité des femmes et leurs enfants commencent à s’inquiéter de la situation en raison du manque d’eau. Un camion apparaît alors au loin, nous le stoppons, tant pis pour le 4x4, nous montons a bord. Je me retrouve au milieu de mangues avec deux charmantes jeunes américaines. Je me rends compte que je suis assis sur de gros sacs blancs aux travers desquels on distingue un aigle. Des cartouches de cigarettes américaines, décidément !

En camion
Le soleil tape fort, se verser sur la tête de l’eau chaude apporte néanmoins de la fraîcheur grâce à la vitesse du camion. Celui-ci souffre aussi et nous devons nous arrêter souvent pour le laisser respirer. Plusieurs fois un étrange personnage nous double sur la piste. Un blanc à vélo ! Il ne manque pas de courage ! Alors que nous sommes assommés par le soleil, lui garde toujours le sourire et il à l’air tout frais le bougre ! Comment fait-il ?
Voici enfin notre 4x4 qui apparaît derrière nous. Nous transmutons et me voila à nouveau derrière la cabine avec 10 personnes ! Impossible d’esquisser le moindre mouvement ! (malgré les nombreux soubresauts du à l’état de la piste). Au bout d’heures qui me semblent interminables, la ligne bleue du Niger apparaît. Il est encore ici assez large, après la saison des pluies, son lit doit être énorme ! Un bac nous fait traverser, Tombouctou n’est plus qu’à 10km.
Le visiteur est parait-il souvent déçu de sa visite. Il faut dire que l’âge d’or de la ville est loin derrière, très loin. Peu de vestiges sont présents, nul coupole d’or, nul bâtiment fastueux, rien de tout cela. La ville a du à sa position avancée au nord du Niger son rôle de carrefour commercial. L’or, le bétail, les hommes, y transitaient vers le nord de l’Afrique et l’Europe. Tombouctou était l’aboutissement de la piste du sel à travers le désert. Lors de son apogée au XIV siècle, son université coranique rivalisait avec celles du monde arabe. Le sultan du Maroc jaloux de cette puissance conquis la ville. Le déclin commença.

Les célèbres portes de la cité
La cite est menacé par l’avancée du désert. Autrefois, un canal emmené les eaux au centre de la ville. Depuis, le sable recouvre une grande partie des rues de la ville. Ce lundi se déroule la fête commémorant la naissance de Mahomet. Kadhafi qui a décrète Tombouctou ville de l’Islam est venue avec 100 000 personnes (3 fois la population de la ville !). Des habitants portent encore des T-shirt à son effigie. Celui-ci a promis de creuser un nouveau canal et de refaire des routes. Une passion récente du dirigeant libyen pour le Mali. Les contres partis viendront plus tard…

Tombouctou, la cité mystérieuse
Une fois sorti du 4x4 sur une place du centre ville, Ali m’aborde pour me proposer de dormir chez lui. Pour 3000 CFA, l’option est bonne pour ma bourse. Et en plus, je vais vite m’apercevoir que lui et son ami sont forts sympa. Sa chambre est située sur le toit, idéal pour dormir à la belle étoile ! Ce que tous les habitants de l’immeuble font d’ailleurs ! Dans les rues de la ville, le sable est partout, le passage de plusieurs véhicules soulève des nuages de sable. Chaque immeuble de la ville ou presque possède une lourde porte de bois recouverte de motifs en fer. Une des signes de la ville. Pas de vieilles battisses médiévales, aucun signe de cette richesse passée. Albert Londres disait de Tombouctou : « Qu’on donc les blancs contre la fameuse cité ? Le mystère ne se voit pas, il se sent ». Au fil des jours, sa déclaration me parait assez vraie. Tombouctou, c’est une atmosphère particulière, chargée d’histoire, riches de signes et de peuples (touaregs, maures, peuls, bambaras…). La cité interdite le fut longtemps aux non musulmans. L’anglais Gordon Laing fut le premier européen à y pénétrer en 1826. Il fut pris pour un espion (il faut dire que le costumes militaire n’est pas vraiment l’idéal pour se fondre dans la masse…) et tué dans le désert. Deux ans plus tard, le français René Caillé se fit passer pour un pèlerin arabe et réussi à y séjourner un certain temps avant de devoir fuir. Il mourut du palu en France.


Le 10h à 16h, il fait vraiment très chaud. Je passe alors une partie de laps de temps à boire du thé avec Ali et son ami. Du thé touareg, un concentre de thé sucré. Je n’ai jamais bu autant de thé dans une journée, 8 ou 10 parfois ! Ali le fait visiter la ville, ses trois mosquées, son université et ses bibliothèques de manuscrits. En effet, Tombouctou renferme une richesse insoupçonnée. Des milliers de manuscrits médiévaux ont été rassemblés dans différents endroits. Le centre Ahmed Baba abrite 25 000 de ces manuscrits écrits en arabe. Ils sont les témoins du rayonnement culturel de la ville jadis. Des bibliothèques privées en renferment également et tous sont en train d’être restaurés.

Prêt pour le départ!
Sur les conseils d’Ali, je me procure un bouchard touareg de la fameuse couleur bleue attachés aux hommes du désert. Très pratique par grosse chaleur. Le tissu est léger et ample. Le turban protége du soleil. Cela tombe bien, ce soir je vais passer une nuit dans le désert à un campement touareg. Apres quelques heures de chameaux. Pour ceux qui ne connaissant pas, c’est assez déroutant au début. Rien que le moment où la bestiole se met en position debout, vous tanguez sérieux ! Ensuite, assis sur une selle de bois, le postérieur en prend pour son grade lorsque l’animal se met à courir. Je peut vous dire que j’étais content de mettre pied a terre ! Et dire que certains touristes font deux semaines de désert ! Aladji parait avoir la trentaine et ne parle que quelques mots de français. Il est très joviale et rit beaucoup. Dés son arrivée, il s’allonge sur le sable prés de sa tente et fume du tabac. Le campement ne comprend que 4 familles. Un voisin vient discuter avec lui et nous buvons du thé. Sa femme fuit mon regard et se cantonne aux taches ménagères. Apres un plat de pâtes, je savoure le silence du désert. Un silence qui fait presque mal. Surprenante la vie que doit être celle de ces hommes dans le désert. Encore ceux-ci ne sont pas loin d’une ville. Le ciel nocturne est magnifique, je m’endors dans un silence seulement trouble par le déplacement des scarabées des sables.

L'heure du thé
Le réveil a lieu vers 6h30. Petit déjeuner fait de thé et de dattes. Puis retour vers la ville avant que le soleil ne tape fort. Nous sommes deux sur le chameau mais nous allons vite, trop vite parfois pour moi ! Je le dit a Aladji assis derrière moi et qui me répond en rigolant « chameau, très bon chameau ! » C’est un chameau taillé pour la course que je monte et dirige!
Et voici le fleuve Niger
Je reprends la route. Cette route qui est au cœur de ce voyage. Au-delà de la beauté des paysages, ma mémoire grave aussi et peut-être surtout cette multitude de petits moments vécus à moto. Regards fugitifs de femmes sur les bords de route, éclats de rire d’enfants d’Afrique, sourires d’un instant, la route c’est avant tout cela.

Une rencontre, un sourire
Mopti, grand carrefour commercial sur le Niger se profile à l’horizon. De grands troupeaux de zébus et de bœufs convergent vers les campements peuls à la périphérie de la ville. Ceux-ci soulèvent un brouillard de sable qui arrive à cacher en partie la ville. Mopti est aussi un carrefour ethnique où se mélange Peuls, Touaregs, Dogons, Bambaras et autres.

Troupeau de zebus aux abords du Niger
A un carrefour, j’aperçois un policier. Chouette, cela tombe bien, je vais lui demander mon chemin. Tiens, il lit dans mes pensées, voila qu’il me siffle et me dit d’approcher ! Comment cela je n’ai pas respecté la stop ? Je me suis arrête à la ligne blanche ! Ha ok, il fallait s’arrêter au panneau stop, je vois…9000 CFA pour l’infraction que je dois aller payer a pied au commissariat. Ce n’est pas parce que je suis blanc par hasard ? Je garde le sourire et lui dit texto qu’il n'est pas gentil, qu’à ma joie de voir un homme en uniforme pouvant m’aider, j’ai oublié de m’arrêter au panneau. Moi qui pensais que les policiers maliens étaient plus gentils que leurs collègues nigérians… Il me répond qu’il faut que j’y aille. Tiens, voilà qu’il me laisse aller au commissariat en moto. Une fois l’amande payée je reviens donc voir mon ami le policier. Et voilà-t-il pas qu’il me demande pourquoi j’ai payé l’amande, il m’avait dit d’y aller ! Argh ! Je fais rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat malien ! Pas si méchant que ça finalement !
Hadji est guide piroguier. En ce moment, l’activité touristique est aussi bas que le fleuve Niger. Ce Peul originaire de Mopti me fait découvrir en fin de journée le Niger et son affluant le Bani. Les bateaux de la COMONAV, la compagnie fluviale, sont à quai. Impossible de joindre Bamako ou Tombouctou par voie d’eau. Sauf par pinasse, ce qui demande pas mal de jours ! Les rives du Niger ont vu l’essor et le déclin des plus grands Empire d’Afrique de l’Ouest : l’Empire du Ghana, le grand Empire du Mali entre le XII et le XIV siècle, L’Empire Songhaï et l’Empire des Bambaras ensuite. Le roi de ces derniers s’étaient entourés d’une garde constituée par la sélection naturelles des plus forts et des plus beaux (tiens cela ne vous rappelle-t-il pas un autre épisode de l’histoire ?).

Le grand Niger, source de vie qui sur des rives a vu se multiplier ces grands empires. Les femmes y font la lessive, les textiles séchant au soleil forment une mosaïque multicolore. Les hommes eux lavent motos et véhicules. Les okadas ont ici pour nom les dri-dri. Mais ils ne font pas office de mototaxis. Pendant que les parents sont occupés, les enfants jouent dans l’eau et me lancent joyeusement des toubabs (blanc) à notre passage sur le fleuve. Certains semblent courir sur l’eau loin de la rive tout prés d’autres enfants dont seul la tête émerge. Effet magique ! Je mesure en tout cas le peu d’eau actuel du Niger.

Les berges du Niger
Sur la rive opposée, des villages Bozos. Ceux-ci sont des pêcheurs installés le long du Niger. A la saison des pluies, le Niger recouvre alors ces villages. Les habitants migrent sur Mopti en proie alors à la surpopulation. Le long du port, les pinasses colorées s’alignent les unes à côté des autres. Peut-être une des raisons du surnom de la ville. Elle est en effet appelée la Venise de l’Afrique. Encore un coup marketing des professionnels du tourisme ! On ne compte plus en effet les villes affubléees de ce titre de par le monde ! Le soleil se couche sur le fleuve Niger offrant encore une fois un spectacle dont je ne me lasse jamais. Des pêcheurs ramènent leurs derniers filets. Penchés sur leur pirogues, ils ne sont plus que des ombres sur fond de ciel orangé.

Pêcheurs bozos
Allongé sur un banc, je regarde les étoiles apparaître les unes après les autres. Près de moi, un cireur de chaussures. On échange quelques mots. Il a le visage tiré par la fatigue, les yeux perdus dans le vague. Il me demande lui qui veut quitter cette terre d’Afrique quel pays est le mieux. Difficile de lui répondre…Je lui sort néanmoins l’Angleterre et non la France (surtout par les temps qui courent…). Son regard se perd au loin, il me répond vaguement réfléchissant sur ma réponse en fixant les pavés du troitoire. Je lui demande comment il compte se rendre en Europe. Il m’affirme qu’il connaît plusieurs moyens. Au bout d’un moment, il quitte le banc et s’éloigne dans la pénombre de cette fin de journée.
Tomas m’accueille à Sevare, petite ville à 13 km de Mopti. Il travaille ici pour une ONG et conduit lui aussi une dri-dri. Une Dragon pour être exact avec des flammes et tout cela. Sa femme me demande toujours si je veut manger même après le petit-déjeuner ! En fait de nourriture, je me retrouve toujours dans la salle de bains avec des pétards déjà prépares ! Ce matin, je n’ai pas faim, je prends la route pour la mytique Tombouctou !
Les circoncis du plateau
Pour joindre Bandiagara, il faut grimper sur la fameuse falaise. Une route d’asphalte court le long de celle-ci. Tout n’est que roche ici. La route domine le Sahel qui s’etend à perte de vue. Je suis David qui va se ravitailler en bière sur le plateau. Nous nous arrêtons parfois pour profiter de la beauté du paysage.

David
L’air est tellement sec qu’il cause des douleurs aux narines. Sur le plateau, je croise un groupe d’enfants vêtus de robes blanches. Ils agitent des sistres (instruments faits de rondels de bois que l’on secoue. Un Dogon m’explique que ces enfants sont des circoncis qui effectuent leur retraite. Ils font l’aumône au bord de la route.
Circoncis
J’arrive à Bandiagara, la « capitale » du pays Dogon alors que le soleil n’est plus qu’un disque orangé au-dessus des baobabs. Un touriste qui cherche à se loger en ville, cela se remarque. Malud m’accoste en scooter et me propose de venir voir son hôtel. La nuit n’est pas cher sur son toit. Alors que l’Imam appelle à la prière, Malud m’explique qu’il est issu d’une des 8 (encore ce chiffre) grandes familles Dogon. Les siens ont fondé cette ville, rien que ça !Demain, me dit-il, il me fera découvrire d’autres villages sur le plateau.

Apres 30 km d’une piste chaotique, nous voici au pied d’un immense rocher. A son sommet les toits d’un village dogon. Iomuymo, c’est 5000 habitants vivant en autarcie sur un rocher rougeoyant. Nous y accédons par un escalier naturel. L’oncle de Malud nous accueille par un plat de mil. Une grosse boule marron baigne dans une sauce, le tout reposant dans une calebasse. On mange cela à la main bien sur. C’est ma foie loin d’être mauvais ! Consistant en tout cas !Puis misse (mosquée en dogon) nous offre un thé malien. Vous savez ces thés forts et concentrés en sucre servis dans de petits verres. Dehors, il fait très chaud. Je n’ai jamais bu autant d’eau de ma vie je pense. Du genre 5 litres par jour. Et encore je compte pas la bière…


Village Dogon
Les rues étroites et tortueuses du village nous font découvrire des habitants accueillants et souriants. Les enfants excitent comme jamais me lancent des « ça va ? » à tour de bras. Peu de gens ici parlent le français. C’est l’apanage des plus jeunes depuis l’ouverture récente de l’école. Nous rencontrons le chef du village. Celui-ci est assis devant sa porte à l’ombre. Il a un style assez drôle avec ces lunettes de soleil plus adapté pour le surf. Il me sort toute une liasse de vieilles lettres (dont une de l’ANPE !) : sa correspondance personnelle avec des blancs. Il insiste pour écrire mon nom sur un registre en arabe.

Le chef du village, un personnage!
Songho est un autre village au pied d’un rocher quant à lui. Sur celui-ci, un auvent creuse naturellement. La paroie y est recouverte de diverses peintures rouges. Celles des familles des circoncis du village. Tous les 3 ans en effet, à chaque circoncision, les peintures sont refaites. Chaque famille a son symbole : serpents, crocodil, masques…Les enfants sont circoncis par un forgeron (si, si !) spécialisé si ont peut dire. Puis, ils restent une semaine ici à l’écart des regards. Vraiment, j’ai mal pour eux.

Songho
Au pied de la paroie, le lieu de la circoncision

De vieux Dogons discutent devant une case à palabres. Je plaisante avec eux. Ils me demandent du Kola. C’est une graine très prisée ici et ailleurs que l’on mange. Les femmes pendant ce temps filent le coton à l’ombre d’un arbre. Quelle dextérité a transformer le fil en coton ! Je reste un moment à les regarder ainsi. Le seul mot français qu’elles connaissent, c’est « cadeau » !
Une case à palabres
La falaise des Dogons
Adieu le beau bitume, place à la piste dés la sortie de la ville. Le poste de frontière burkinabais se réduit à une masure décrépie perdue au milieu de nul part. Le douanier a des gestes incroyablement lent. Le poste malien est situé lui 20 km plus loin. Comme à mon habitude je passe sans m’arrêter ! Encore un douanier obligé d’enfourcher son scooter pour me courser ! La piste est belle tout comme ce paysage de Sahel sur lequel le soleil couchant donne de belles couleurs. Il fait si chaud que l’eau de ma bouteille chauffe a une allure étonnante ! Je n’ai jamais bu d’eau aussi chaude ! Je croise un chameau solitaire à l’ombre d’un arbre, pas de doute, je suis vraiment dans le Sahel. Une mini tornade de sable et de vent traverse la piste juste devant moi. Elle continue sa course à une allure folle, étonnant !
La fin de la journée approche. Je croise de nombreuses charrettes ramenant les familles des champs. La lumière est vraiment belle. Parfois, le vent projette des nuées de sables à l’horizon ou se découpent alors les silhouettes des charrettes et des baobabs. A Bankass, je rencontre David qui me propose de venir dormir dans son campement à Tely, un village Dogon au pied de la falaise de Bandiagara. Peu a peu la masse de celle-ci apparaît au loin. Mesurant 80 km de long, c’est le cœur du fameux pays Dogon. A ses pieds, nous empruntons un sentier sablonneux. Ma moto part de tous les côtés, j’ai l’impression de surfer ! Pas évident de conduire sur le sable ! Les derniers éclats du soleil illuminent la falaise et l’ancien village perché au creux de la falaise, depuis longtemps vide. Au pied de celle-ci, l’actuel village, derrière le Sahel. Je m’occupe poursuivant les enfants dans les rues en jouant au monstre blanc. A ce jeu, je me fatigue plus vite qu’eux. Un matelas sur la terrasse de la maison de David et le tour est joué. La pleine lune à ma gauche, la Grande Ours au-dessus de la falaise sur ma droite, un beau tableau ! La clameur du village se tait petite à petit, il fait frais et un petit vent chaud vient parfois me caresser la peau. Je crois que dormir sur les toits va devenir pour moi une habitude !


Mosquée de type soudanaise
L’agitation du village et le soleil me réveille tôt. Découverte de l’ancien village de la falaise. Les Dogons se sont installés dans la région au 11 siècle fuyant l’islamisation du nord de la Guinée. Plutôt raté d’ailleurs car aujourd’hui, 90% de la population est musulmane. Sur ces flancs escarpés, le village était difficilement prenable. Les cases sont entretenues grâce à l’argent du tourisme. Chaque grande famille de Tely possède sa maison, sur la falaise. La maison de l’Ogon est au centre du village. Chef spirituel et temporel , des peintures ornent les murs de sa demeure attestant de son rôle.
La maison de l'Ogon
Le village au pied de la falaise
Les greniers, nombreux, sont de deux styles. Les hommes conservent la nourriture pour la famille dans des greniers à toit carré. Quant aux femmes, elles entreposent dans leur propre grenier à toit conique le nécessaire pour les sauces. Le grenier femelle est divisé en 4 avec au centre une cavité pour les bijoux. Bref un peu plus compliqué. (les mauvaises langues diront que c’est normal) Surplombant le village, des cavités rocheuses qui faisaient office de cimetière. Les Dogons y hissaient les corps de leur morts. Longtemps isolé du reste du monde, les Dogons ont préservé l’essentiel de leur coutume. Le chiffre 8 est à la base de leur culture et on retrouve ce chiffre partout. La pyramide symbolise la hiérarchie. Ils sont aussi polygames, du moins certains d’entre eux. Mais désolé messieurs, il faut attendre le 3 troisième enfant pour pouvoir prendre une deuxième épouse ! Nous nous baladons dans les villages voisins. Leur langue me fait l’effet d’un chant ou d’une litanie poétique.

Aux portes du sahel.
Apres 3 jours de torpeur a Ouaga, je reprend la route du Mali. J’espère y avoir laissé ma tristesse et quelques illusions dans une bouteille de Flak. Grand merci à Aurélie et Karim pour leur super accueille ! J’espère que nos routes se recroiseront !
Je déteste les chevres. Déjà, j’en étais pas fan en Ardèche. Mas là, c’est le divorce. Sur les routes du Burkina, elles me stressent. Elles sont légions sur le bord et trouvent toujours le moyen de traverser lorsque vous arrivez lancé a fond ! Et vous savez quoi ? Elles s’en foutent ! A peine levent-elles un œil globuleux. Bef, faut être attentif ! Et je vous pas parle pas des ânes…

Le nom du bar: Coupe ta soif!
Je me dirige au nord-ouet du Burkina. Nous sommes ici aux limites du Sahel. Une zone de transition entre la savane et l’immense Sahel au nord. La végétation est peu abondante, juste quelques arbres ici et là. Sur la route, les bus se chargent même de motos et de P50 sur leur toit ! Je viens de perdre un autre vis. Pour ne pas perdre l’écrou qui relie le bloc moteur a la moto, je met un max de scotch. Bricolage, bricolage…

Les troupeaux: un danger permanant
A Ouahigouya, je cherche un lieu ou passer la nuit. L’hôtel de l’Amitié avec ses chambres chères, son resto tout propre et désert n’est pas pour moi. Je trouve une chambre convenable louée par une association. Je mange un poulet dans un maquis au bord de la grande rue. Les maquis sont des lieux où l’on peut boire et manger. Cuisine locale à l’air libre avec le bruit de la rue et les gazes d’échappement.

Post d'essence - Ouahigouya
Tout au long de ce voyage, j’ai pu trouver facilement de l’essence, du moins pour le moment. Idem pour l’eau et la nourriture. Pour l’eau c’est parfois des sachets de « Pure water » comme ils disent dans les pays anglophones. Ces sachets de plastique de 50cl renferment une eau que l’on boit en faisant tout simplement un trou au sachet. Coca et Fanta se retrouvent partout. Récemment, je me suis convertie à la bière. Plus désaltérant que les sucreries. Non, non, je suis pas en train de devenir alcoolique !
Demain, quelques jours en pays dogon au Mali. Rendez-vous a Mopti sur les rives du grand fleuve Niger !
Bilan après 3 semaines :
- plus de 2200 km au compteur
- 11 vis de perdus (3 de remplacés)
- un cable remplacé
- une suspension réparée
- un phare annexe casse.

