Lagos, coeur d'Afrique

           Expat dans la plus grande ville d'Afrique


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Lundi 26 juin 2006

« Ha! NEPA ! », voilà une formule que vous allez souvent entendre dans la bouche des nigérians! La NEPA est la compagnie nationale d’électricité. Elle fournit donc en électricité l’ensemble du pays. Enfin, en théorie…

Ikoyi Island - Lagos

Car à l’image de nombreuses infrastructures et services du pays, le moins que l’on puisse dire c’est que cela ne marche pas très bien ! La grande majorité des nigérians n’ont l’électricité que quelques heures par jour. Habitant à Lagos, nous sommes privilégiés. La NEPA fonctionne la plus grande partie de la journée. Ce qui n’empêche pas les coupures à répétition. Les Nigérians font preuve d’humour en changeant la signification de la NEPA en « Never Excepted Power Again » !

 

L’utilisation des générateurs est donc très répandue. Le Nigeria est d’ailleurs l’un des plus gros marchés au monde pour ce genre d’équipement. Idem pour les stabilisateurs et les UPS. Si vous êtes bien équipé, vous pouvez rester zen, sinon vous n’êtes pas loin… du pétage de plomb !

 

 

par fabrice dubesset publié dans : Chroniques
Mardi 20 juin 2006

Vendredi  2 juin 2006, Terminal B, Orly. Le vol AT 760 de Royal Air Maroc en provenance de Dakar vient de s’immobiliser sur la tarmac. Le ciel parisien est d’un bleu limpide et les écrans de bord indiquent une température extérieure de 23 degrés. Ma première réflexion en posant le pied dans le terminal à la recherche de mes bagages c’est que je vais avoir froid dehors sans aucun pull sous la main. Terminé la chaleur parfois oppressante de l’Afrique.  Je me rappelle alors mes premières minutes en Afrique, un an et demi plus tôt, et cette impression de rentrer dans un four à ma sortie de l’aéroport de Lagos. Ce vol clôt donc ce chapitre africain de ma vie. Retour en France dans un monde qui est si différent de cette Afrique Noire… un monde qui n’en demeure pas moins le mien.

 

 

 

Ce sont 10 jours que je vais passer à Paris. L’occasion de revoir des amis, faire de nouvelles connaissances et connaître enfin physiquement une amie rencontrée virtuellement sur ce Lagos-Dakar. Atterrissage en douceur en France avec le concert de Femi Kuti le soir même au  Festival des mondes solidaires à Fossoy. Bien sûr, l’ambiance ne vaut pas celle du mythique Shrine de Lagos où je l’avais vu jouer une dernière fois juste avant mon départ. Mais quel plaisir d’entendre à nouveau en live ces morceaux endiablés d’afro beat ! Femi et sa bande ont la même folle énergie qui vous chauffe le public le plus froid qu’il peut exister. Seul l’haleine qui s’échappe de leur bouche  témoigne de la fraîcheur de cette nuit de juin. Le soleil règne sur cet agréable intermède parisien. Je me sens très bien dans mon corps et dans ma tête, en fait moi qui connais très peu Paris, je suis quelque part encore dans le voyage. Celui-ci n’est pas encore tout à fait finit. Paris ne me parait plus si désagréable, au contraire. Le fait d’avoir vécu dans la plus grande ville d’Afrique m’a sans doute en quelques sorte vacciné. Après le chaos de Lagos, Paris me semble très calme, très ordonnée, même les déplacement en métro et RER me paraissent agréable, c’est vous dire ! J’ai à peine l’impression d’être dans une ville de 9 millions d’habitants !

 

 

 

Je suis assez étonné par mon état d’esprit. Je pensais plutôt que dés mon arrivée en France, le choc culturel me frapperait fort après tout ce temps en Afrique et ce nomadisme. Mais il n’en est rien, il faut bien le dire. Bien sûr, je suis toujours aussi critique envers les signes de notre société de surconsommation mais je ressens plutôt une certaine plénitude. Etrange, peut-être me suis-je habitué à encaisser le choc culturel du retour en France ? Peut-être est-ce un signe d’une plus grande facilité d’adaptation ? Une chose est certaine cependant pour moi, je ne vais pas échapper au  spleen du retour. A un moment ou un autre, il me frappera comme tout le monde, sans doute sur mes terres d’Ardèche.

 

 

 

Le retour chez mes parents fut dans un premier temps un grand plaisir. Heureux de revoir les miens, content de retrouver ces collines d’Ardèche si belles à cette époque de l’année. Mais l’état de grâce toucha à sa fin et après quelques jours, le moral baissa quelque peu. Plus de nouvelles rencontres, le sédentarisme dans un lieu que je connais, bref, j’en viens à me demander encore maintenant comment je vais me réhabituer à un mode de vie plus classique. Cela ne va pas être facile….Il est finalement plus facile pour ma part de vivre un voyage comme celui-là que de me réhabituer à une vie plus normale. Beaucoup trouveront cela étrange sans doute….

 

 

 

En outre, le côté frustrant de vivre à l’étranger se fait encore d’avantage sentir au retour. En effet, on a beaucoup de choses à dire mais on se rend vite compte qu’il est trop difficile pour ceux qui sont restés et surtout qui n’ont jamais connu l’Afrique de prendre la mesure de notre vécu. C’est trop abstrait pour eux. De plus, la plupart ne sont guère curieux de notre expérience et après quelques questions qui sont plus de la politesse, la conversation tourne autour de sujets plus habituels. Je ressens toujours une grande frustration et de la déception.

Le bilan de ce voyage est bien sur extrêmement positif. En fait, il n’y a rien de négatif ! La chance m’aidant, je n’ai rencontré aucun problème de santé, aucune mauvaise rencontre et je n’ai connu aucune chute à moto. Ma route n’a été jalonnée que de gens extras et gentils, bref que du bonheur. Je ne me suis jamais aussi bien senti que pendant ce voyage. Seul, vous prenez de la confiance, de l’assurance et vous allez beaucoup vers les autres. C’est l’avantage des voyages solitaires, vous êtes seul avec vous-même, avec vos limites que vous repoussez souvent. Bref, ce périple m’a apporté beaucoup de confiance en moi, plus de tolérance, plus d’ouverture, une meilleure compréhension de certaines réalités.  Et je suis devenu plus bavard ! Et oui, voyagez seul vous pousse vers les autres. Ainsi parfois, je prenais place sur un banc et je discutais avec mon voisin juste pour parlez, de tout et de rien. La question  aujourd’hui est : cela va-t-il durer longtemps ? Je veux dire par-là, vais-je perdre ce capital au fil des mois et du retour dans cette réalité qu’est la mienne ? J’espere pas ! Wait and see…

 

 

 

 

 

Voyager en Afrique Noire avec ces motos chinoises que l’ont peut se procurer (presque) partout est vraiment un excellent plan ! Un mode de transport bon marché ( entre 300 et 500 euros suivant le pays), économique (150 euros d’essence pour 6000 km) et facile à la revente une fois le voyage terminé ! Un remake de ce voyage en Afrique de l’est, de Djibouti au Cap me tente…A suivre…

 

 

 

Bilan moto:

 

 

 

-         5887 km en 11 semaines de voyage

 

 

 

-         2 rétro cassés

-         3 soudures

-         1 rayon cassé

-         1 clignotant HS

-         1 phare HS

-         2 manettes d’embrayage cassées

-         2 câbles cassés

-         allumage electrique HS

-         une suspension rompu

-         1 par-boue cassé

-         bulle avant cassée

 

  Et bientôt le voyage en images!

 

 

par fabrice dubesset publié dans : Lagos-Dakar en okada!
Lundi 19 juin 2006

Derniers jours en terre d’Afrique…

 

Voilà c’est fait. C’est la rupture. Je l’ai abandonné aux mains d’un autre homme. Cela n’a pas été une décision facile à prendre. Celle avec qui j’ai partagé tant de souvenirs et de rencontres, celle qui m’a accompagné durant tous ces kilomètres, voilà que je m’en sépare. Elle va donc continuer sa vie à Dakar. Petit moment d’émotion au moment de la quitter. Je la caresse une dernière fois. L’acheteur doit sûrement me trouver bizarre…Je récupère le coffre que je ramène en France et je me sépare donc de mon okada pour 150 000 CFA. Moins que prévu mais sans l’avoir denouaner, la revendre au noir n’est pas aisé. A mesure que la date de mon d&part approchait, j’étais presser d’en finire avec elle. Elle échoue donc dans un atelier moto quelque part vers la porte du 3ème millénaire.




 

Du coup, je circule en taxi et là c’est nettement moins drôle ! Beaucoup de temps dans les embouteillages ! Vraiment, je trouve Dakar plutôt stressante, non en raison de la ville elle-même qui est plutôt agréable mais en raison de ses habitants. Ils remportant haut la main la palme de la lourdeur ! Je finis parfois la journée assez énervé. Je me surprends à répondre sèchement à l’énième énergumène qui ne comprend pas pourquoi je ne veux pas lui acheter sa marchandise ou qui me demande un service. Il suffit de rester assis 5 minutes sur un banc de la place de l’Indépendance pour ne pas vous ennuyer. Tous les 5 mm, un homme vous accoste. Des vendeurs mais aussi des escrocs. Le lieu est connu pour cela. A chaque fois les mêmes questions toujours dans le même ordre : «  bonjour ca va ?; tu es français ?; Tu viens d’où en France ?; Tu habites où a Dakar ?; Pourquoi tu parles pas Wolof ?; «  Et souvent cela finit par une demande d’argent pour un soi disant baptême, un mariage ou même pour de l’insuline ! Un classique ici. Aussi, au bout de la troisième journée, je préfère sortire les réponses à l’avance ce qui donne : « Bonjour, ça va bien, je suis français de Lyon (on simplifie !), j’habite chez un ami ici, je suis de passage, non je parle pas wolof et non j’ai pas d’argent sur moi ». Autant vous dire que cela en laisse pantois plus d’un ! Bref, difficile de faire confiance à Dakar.

 

Peu de deux roues à Dakar. Et parmi ceux-ci les scooters dominent. La grande majorité sont volés en Europe par des filières organisées. Très, très peu de moto « chinoises ».Avec la mienne, je détonne dans le paysage ! Visiblement, ce genre de moto est le propre des pays du Golf de Guinée. Les rares Dragon ou autres marques chinoises que l’on peut voir sont importées de Guinée.


 

 

Pendant presque trois mois, j’ai donc découvert une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest, huit pays des tropiques au désert. Une chose parmi d’autres que je retiens de ce voyage c’est l’homogénéité de cette Afrique noire. Car au-delà des différences culturelles, des traditions et des langues, les peuples de ces pays vivent dans la même situation difficile. Et parfois insoutenable. Ils connaissent les mêmes difficultés quotidiennes et aspirent aux même rêves. Cela est sans doute une banalité mais pour ceux dont les yeux sont loin,elle mérite d’être redite. La majorité survivent au lieu de vivre face à cet occident, paradis inaccessible. De Lagos à Dakar, j’ai retrouvé les mêmes attitudes envers les blancs, les mêmes propos, les mêmes astuces pour survivre. Même les paysages ne varient guère dans le fond.

 

L’Afrique est toujours enfoncée dans la pauvreté et les objectifs fixés par l’ONU sont déjà obsolètes. Corruption, clientélisme, absence d’éducation, mentalités sont quelques-unes une des raisins de cet état. Les effets de l’aide au développement, nécessaire, ne sont guère visibles. On pourrait se demander d’ailleurs quel intérêt ont les pays occidentaux à mettre l’Afrique sur la voie du développement. Car après tout, c’est un formidable réservoir de main d’œuvre a bas prix corvéable à merci pour les basses besognes. De plus, une Afrique pauvre permet une mainmise facile sur les ressources énergétiques. Sans parler de la dimension géopolitique. Bref, une Afrique pauvre est sans doute plus profitable aux pays industriels. Afro-pessimiste moi ? Sans doute…

 


par fabrice dubesset publié dans : Lagos-Dakar en okada!
Lundi 19 juin 2006

Au passé


Saint-Louis est un de ces noms qui éveille indubitablement quelques chose dans l’imaginaire collectif des français. Un glorieux passé est en effet attaché au nom de cette ville du nord du pays situé à l’embouchure du fleuve Sénégal. Saint-Louis, baptisé ainsi en l’honneur du roi Louis XIII, devint vite un port commercial et militaire important. La gomme arabique et la traite des esclaves conduisirent la ville à son apogée au XIX siècle.

 

Saint-Louis

 


L’ancien hôtel des impôts

Aujourd’hui, les rues de l’île témoignent toujours de ce faste d’antan. Elles ont ce charme qui pousse le visiteur à ralentir ses pas pour s’imprégner de l’atmosphère particulière du lieu. Le poids de l’histoire est ici constamment palpable. La lumière du soleil couchant caresse les façades ocres et colorées de ces veilles bâtisses coloniales, soulignant les balcons en fer forgé, les veilles portes ou les cours intérieurs au charme certain. Patrimoine de l’UNESCO, de nombreuses battisses de désagrége cependant dans l’indifférence. Il serait temps de stopper la destruction de ce riche passé…

 

Ecole coranique

Rodolphe et Moktar m’accompagnent dans cette découverte de cette Saint-Louis tant vantée. Nous trouvons une chambre au confort minimum mais située au centre de l’Ile. Les murs de la ville annoncent la tenue prochaine du célèbre festival de jazz de Saint-Louis. Le plus important du genre en Afrique. Le pont Faidherbe qui enjambe le fleuve Sénégal est un peu le symbole de la ville. Plus que centenaire, il accuse son âge comme en témoigne les travaux en cours. La lumière déclinante confère aux poutres métalliques un ton rougeoyant alors qu’un balai incessant de bus colorés continue à emprunter le pont.


 

 Le pont Faidherbe


 

Chaque ruelle de l’île offre son lot de détails. L’ancien hôtel des impôts abrite un étonnant double escalier dans sa coure intérieur. Le bâtiment est néanmoins laissé à l’abandon comme en témoigne les archives éparpillées un peu partout dans les pièces du rez de chaussée. Ici aussi, le patrimoine ne reçoit pas le soin qu’il mérite.  En direction de la plage, la langue de barbarie offre un visage complètement différent de l’île. Ici, 20 000 pêcheurs vivent sur 0.3 km2 ! Quel contraste avec les rues calmes et policées de l’île ! Le long de la plage, un cimetière musulman côtoie les étales de poissons séchant au soleil. Nous tentons d’y pénétrer mais une femme de pêcheurs nous interpellent soudain. Sur un ton menaçant, elle nous interdit d’y pénétrer car nous ne somme pas musulmans. Mais rien dans le coran n’interdit cela…Cela dit, son couteau en main, elle n’engage guère à débattre… Nous rebroussons donc chemin mais tenant vraiment à voir ce cimetière, je me faufile par l’entrée principale située de l’autre côté. Là je rencontre d ‘ailleurs plusieurs habitants qui ne voient aucune objection à ce qu’un non musulman pénètre ici. L’intolérance est souvent une affaire d’ignorance et de non-éducation…Des filets de pêcheurs recouvrent certaines tombes. Toutes possèdent un détail  particulier comme cette veille canne à marcher plantée  droite sur la tombe de son propriétaire. Je gravis la partie la plus haute du cimetière toujours au milieu du sable. En voyage, j’aime assez me rendre dans des cimetières car tout d’abord ce sont des lieux silencieux et reposants. Et puis, ils témoignent de la place de la mort dans la vie des différentes cultures. Certains sont particuliers de part leur localisation ou leurs dépositions, tel le cimetière gai de Sapinta en Roumanie avec ces pierres tombales colorées en bois résumant la vie du défunt.

 


 


Le cimetière des pêcheurs

 

Absorbé par mes réflexions, je suis soudain alerté par un cri. Sur ma droite, voilà que j’aperçois la veille dame au couteau sur la plage. Elle m’a repère et commence à vociférer alertant ses consœurs. Je lui fais signe et voilà qu’elle approche ! Sans demander mon reste, je me dirige calmement mais sûrement vers la sortie, frustré de cette trop rapide incursion au milieu de ce cimetière des pêcheurs.

 

En quittant Saint-Louis pour Dakar, nous faisons un crochet à l’usine de Mbakhana à  km sur la route de Richard Toll. Cette usine de pompage du XIXème siècle amenait l’eau jusqu’à Saint-Louis. Ces machines à vapeurs sont les plus anciennes d’Afrique Noire. Mais celles-ce se sont tues depuis 1952 et c’est au milieu de ces engrenages d’acier, de tuyaux et de réservoir qu’un vieux villageois nous guide.

 

L'usine de Mbakhana


par fabrice dubesset publié dans : Lagos-Dakar en okada!
Mardi 13 juin 2006

Dakar, finalement


Voici Dakar en ligne de mire. Le terme de ce voyage. Ville de 3 millions d’habitants, gagnée par des embouteillages à répétition, Dakar fait figure de centre économique et culturel de l’Afrique de l’ouest. Surtout depuis les évènements en Cote d’Ivoire qui a vu les investisseurs se retirer du pays au profit notamment du Senegal. Eternelle rivale, Dakar a pris depuis peu l’avantage. Beaucoup de multinationales ont rapatrié leur siége régionale sur Dakar provoquant une certaine frénésie de constructions aux loyers élevés. Un pari risqué car le gouvernement ne semble pas comprendre que pour beaucoup de multinationales, leur installation est temporaire. En effet, un grand nombre d’expatries sont prêt à retourner à Abidjan dés que le calme sera revenu. Depuis le temps qu’on m’en parle, toujours de façon très positive, j’ai hâte de connaître cette ville !

 

Dakar est située sur une presqu’île. Cette situation en entonnoir ne facilite pas la circulation. Cependant, on se rend compte que le site est très beau notamment lorsque vous empruntez la route de la corniche qui d’ouest en est serpente au-dessus de falaises, de criques et de belles plages. Villas et hôtels luxueux s’y succèdent dans ce Dakar version jet-set. Des joggeurs court sur la corniche, l’île de Gorée apparaissant derrière eux comme un immense navire encré au large. La place de l’Indépendance dans le centre ville rappelle le poids économique de Dakar avec ces nombreuses banques et institutions régionales. Les taxis jaunes et noirs nombreux me font penser par leur couleur à leur homologues de Barcelone. Mais ici ces veilles Toyota Corrola ont au moins 15 ans d’âge…La gare de Dakar est un beau bâtiment de style rétro. Point de départ du fameux train Dakar-Bamako, la gare affiche une carte du réseau ferroviaire du pays. En fait, celle-ci n’est plus d’actualité depuis longtemps, seul quelques liaisons sont encore assurées. Aujourd’hui, les trains sont à quais, un déraillement s’est produit quelques part …

 

Dakar enfin!

 


Je loge non loin du quartier de la medina chez Rodolphe, encore un français du réseau AGS. Agréable et en plus fan de photo ! J’ai du mal a réaliser encore que mon voyage prend fin. Il s’est déroulé sans aucun problème ! Aucun gros ennui mécanique et même pas une seule crevaison au tableau ! Là, j’ai eu de la chance ! Aucune chute aussi heureusement ! Aucun problème de santé non plus, pas de palu ni même le moindre problème gastrique. Il faut dire que j’ai pas mal évite les bui-buis du moins au début ainsi que les légumes et fruits. Bon, j’en conviens les repas étaient monotone, principalement  à base de riz – pommes de terre et viande. Et puis après 16 mois au Nigeria, mon estomac s’est sans doute habitué à cohabiter avec les bactéries locales ! En tout cas, je touche du bois pour l’instant !

 

En Afrique, c’est incroyable le nombre d’amis que l’on se fait ! Facilement et rapidement. Des amis sincères pour la vie…Je ne compte pas les adresses échangées,  mon sac est remplit de ces bouts de papiers échangés rapidement au gré d’une rencontre parfois très fugitive. A chaque fois, je sais que je ne reverrais jamais cette personne mais devant son insistance je consent cependant à lui écrire mes coordonnées. En tant que toubab, tout le monde désire être votre ami en espérant que vous pourrez les aider ici ou au mieux à les inviter en France. Je ne vous parle pas aussi des cousines et autres sœurs à marier. Récemment, une serveuse m’a demandé en mariage comme si la chose était tout a fait naturelle et allant de soi. « Et l’amour dans tout ça » je lui ai fait remarqué ? «  C’est pas important ! ca viendra après ! » m’a t-elle répondu !  Et dire qu’elle était mineur avec tout ça ! Internet est aussi un bon moyen  pour créer cet amour. Dans les cybercafés, filles et garçons chattent avec une âme française. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la webcam. Je me rappelle d’un voisin qui en même temps qu’il chattait sur msn avec une française surfait sur des sites pornographiques en faisant des commentaire appropriés. Quand sa correspondante tardait à répondre, il lâchait à haute voix des « bon, elle fait quoi celle-là ! » ou «  elle est conne ! ». Et ensuite il lui répondait peu après « ha ton message était beau tu sais… » . Assez moche tout ça…

 

Dakar comme toutes les grandes villes du Sud n’a pas bonne réputation. Vols et arnaques sont fréquents. Et pourtant on trouves des policiers à chaque carrefour. Des fonctionnaires qui bien souvent essaye de vous soutirer de l’argent…La célèbre Teranga (hospitalité en wolof) prend à Dakar un sérieux coup. Ici, vous étés constamment sollicite et les dakarois remportant haut la main la palme de la lourdeur. Même lorsque vous répétez 5 fois que non vous n’êtes pas intéresse, ils insistent. Aussi, après une dizaine d’échanges de la sorte, vous finissait pas ne plus être très agréable avec eux en fin de journée. Ce qui vous renvoie une image pas très bonne de vous-même. Je comprend mieux certains toubab qui répondent et se comportent mal avec des locaux. Peut-être qu’il ne fait pas très bon de rester longtemps en Afrique…

 

Une partie de Dakar est en travaux en raison du prochain sommet islamique qui va se tenir dans la capitale. Wade dépense à ce propos des millions de CFA pour réaménager une partie de la corniche ouest afin d’impressionner les visiteurs. Pendant ce temps, les victimes des inondations d’octobre dernier attendent toujours le promesse d’un relogement…La bêtise des gouvernants  est universelle.

Gorée


L’île de Gorée est le principal lieu touristique de Dakar. Située à 20mm en bateau, elle me donne l’impression d’être une galerie d’art à ciel ouvert. Ces ruelles étroites, ces maisons colorées et son histoire en font une visite incontournable ! Malgré la présence d’inévitables troupeaux de touristes. Patrimoine de l’UNESCO, l’île fut un port négrier pendant des siècles; la maison des esclaves et sa porte du non retour en est le témoignage principal.

 

 

par fabrice dubesset publié dans : Lagos-Dakar en okada!
 
 
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