Lagos, coeur d'Afrique

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Vendredi 14 juillet 2006

Ha le « Why not »…Tout expat, surtout masculin, connaît très vite cette adresse de la vie nocturne de Lagos. Le « Why not » est « le bordel » des îles de la métropole nigériane. Ayant pignon sur rue à Victoria Island, il y a toujours de l’affluence, notamment le week-end.

 

Vous y croiserez forcement des têtes connus. Surtout en août appelé le mois du blanc par les travailleuses du sex. En effet, c’est le mois où beaucoup de femmes au foyer rentrent en vacances en France laissant leurs chers maris livrés à eux-mêmes. Les pauvres chéris.

 

Au rez de chaussée, avant d’arriver dans la salle aux billards, il faut traverser la piste de danse, sombre et peuplée par des filles avides de travail. Elles sont parfois plutôt agressives surtout avec les fresh fish ! Une véritable fosse aux lionnes ! Au premier étage, c’est un espace genre VIP avec des filles triées sur le volet et une piste de danse avec DJ. Des blancs plus ou moins bourrés et de tout âge évoluent entre des filles très faciles d’accès... Celles-ci sont souvent habillées assez vulgairement. Durant la semaine, elles revêtissent une tenue plus sage afin de s’adapter à un autre genre de clientèle venant surtout pour profiter du billard ou boire un verre. C’est presque du marketing !

 

A Lagos, si on sort le week-end avec une bande d’amis, difficile d’éviter le Why Not. Le choix qu’offre les îles n’est pas si grand que ça. Avec quelques bières et des amis, il m’est arrivé d’y passer de bonnes soirées. On oublie presque que ce club est quand même un bordel avec ces prostituées et ces maquereaux avides…Et c’est bien là le pire…

par fabrice dubesset publié dans : Chroniques
Dimanche 9 juillet 2006

Cette équipe, composée de gamins des rues de la grande ville du nord du Nigeria est arrivée à se hisser en Division 2 du football nigérian. Emmené par un entraîneur français passionné, les Buffalos sont avant tout une formidable aventure humaine.

 

Luc Lagouche

 

 

L’équipe des Buffalo sort en effet de l’ordinaire a commencé par son entraîneur, un jeune français passionné de ballon rond. Luc Lagouche entraîne cette équipe qu’il a crée et qu’il porte à bout de bras vers le succès. Pour sa deuxième année consécutive en D2, les Buffalos de Kano viennent de terminer cinquième de leur tableau en 2005. Un exploit compte tenue des moyens dont dispose l’équipe et quand on sait d’où elle vient. Car cette belle aventure humaine a commencé par un échange de balle entre Luc Lagouche et des gamins d’un quartier populaire de Kano. Nous sommes au début de l’année 1996 et Luc Lagouche, instituteur à l’école française, se rend alors dans le quartier de Badawa à la triste réputation. Violence, pauvreté et trafics y régnent. Mais contre toute attente, le bature (étranger en Haoussa) parvient à communiquer avec les adolescents grâce au langage du foot. Des matches sont disputés sur un terrain débroussaillé. La sauce prend et deux ans plus tard, les membres du club enregistrent Buffalo à la Kano State Football Association. Une équipe est alors née qui va progressivement gravire les échelons du football nigérian. En 2001, l’équipe accède à la division 2. Avec cette cinquième place obtenue à l’issue de la dernière saison, les Buffalos sont la première équipe privée du championnat.

 

 

Mais l’aventure des Buffalos ne se réduit pas à leur palmarès, loin de là. Luc Lagouche  a mis le football au service d’un dessein plus vaste. C’est en effet tout un projet socio-éducatif qui s’est mis en place et qui profite à tout le quartier de Badawa.

 

Des enfants du quartier assistent à l'entrainement

Le sport est un facteur d’intégration sociale, de responsabilisation des individus. Ainsi, le football permet d’améliorer les conditions de vie de certains habitants du quartier, les membres du club mais aussi leur famille. Ensuite, la dynamique crée profite à tous grâce notamment à l’amélioration de l’image du quartier. Ces jeunes échappent aussi par le sport aux influences négatives que l’on rencontre dans ce genre de quartier sensible. De plus, des cours d’alphabétisation sont donnés aux membres du club dont beaucoup ont quitté l’école très tôt.

 

 

Luc souhaiterait créer notamment un centre de Sport/Etudes et des partenariats avec des clubs étrangers. Sur ce dernier point, une collaboration s’est crée avec le club de Lille, région dont est originaire Luc. Des séances de formation y ont été menées. L’idée est de créer  un centre de formation à Kano afin de former de jeunes joueurs qui pourraient à terme évoluer à Lille. Pour l’heure, l’urgence est le transfert de l’équipe à Abuja pour des raisons de facilités de fonctionnement et de gestion. Car comme aime le rappeler malicieusement Luc, «  il ne faut pas oublier que je suis instituteur aussi ! ».

par fabrice dubesset publié dans : Chroniques
 
 
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