Le Nigeria obtient ainsi un effacement d'environ 60% de sa dette de quelque 30 milliards de dollars (dont plus de 6 milliards d'arriérés) due aux créanciers membres du Club de Paris.
Depuis environ trois semaines, un nouveau billet a été mis en circulation par la Banque Centrale du Nigeria. Ce nouveau billet de 1000 Nairas (environ 6 euros) est désormais le plus gros que l’on puisse trouver dans les portefeuilles.


Dans les rues, je croise des habitants portant anoraks et bonnets de laine ! Même les serveurs de l’hôtel sont revêtus d’un blouson ! Surprenant ! Comme si les habitants ne s’étaient jamais habitués à la fraîcheur de leur cadre de vie. Jos semble plus zen et plus safe, les go-slows sont inexistants…Par contre, l’autre particularité de la région est les tensions et affrontements réguliers entre musulmans et chrétiens. . Nous sommes ici dans une des zones de contacts entre ces deux religions. Les dernières grandes émeutes en 2002 ont fait ainsi des centaines de morts.
Hassan, mon chauffeur du jour, me conte les beautés du plateau, sa région natale. D’ici une heure, je pourrais moi aussi m’en faire une idée car j’aurais alors rejoint Padaka, une ONG d’éco-tourisme. Fondée par des nigérians et des français, Padaka a pour but de faire découvrire les beautés de cette région en organisant des randonnées à la carte. Au-delà de l’aspect touristique, leur but est de sauver de la déforestation les derniers vestiges de la forêt tropicale du plateau de Jos. Ainsi, le Life Park crée dans les années 60 est depuis longtemps laissé à l’abandon et son patrimoine naturel pillé. Même les clôtures indiquant ses limites ont depuis disparu.

On dirait une tête de singe!
Repas dans la famille de Jérôme, directeur de l’AF de Jos, qui m’héberge gentiment. Un repas rapide car une ballade est programmé dans une heure, malgré la pluie. Je me retrouve avec un groupe de français du site de Peugeot de Kaduna. Cette première mise en jambe est sympa, déjà, je ne regrette pas le voyage ! La ballade est assez facile malgré quelques passages difficiles et glissants. La roche est souvent à nu. La végétation se compose de quelques arbres diffus et d’arbustes. Autour de nous, des collines dont les Sherre Hills. Au loin, nous apercevons Jos s’étirant entre les collines du plateau. La ballade est un peu humide mais malgré cela, c’est un vrai plaisir que de marcher en silence au milieu de cette belle nature!

Apres un repas attendu trop longtemps, je rentre repu de fatigue. Demain dimanche, nous remettons ça, mais cette fois lever à 7 heure du mat ! C’est un ciel bleu qui me dit bonjour. La journée va être belle ! Apres 1 heure de voiture, dont la moitié sur une piste boueuse et glissante, nous arrivons au pied du sommet que l’on nous a réserve pour aujourd’hui. Traversé de villages, de rivières, des chutes d’eau, des rencontres inopinées, tout pour faire de cette journée un super souvenir. Le point d’orgue en restera sûrement cette rencontre avec des chercheurs de topazes au bord d’une rivière. Et leur joie, surtout de l’un des trois, lorsque quelqu’un du groupe leur a offert leur portrait en photo ! Comment me direz-vous ? Et bien grâce à une imprimante portative ! Et oui, on arrête pas le progrès ! Branchez votre numérique sur celle-ci et hop en deux minutes, vous obtenez un beau tirage ! Sans doute un peu encombrant à transporter, mais alors quel beau souvenir que de voir la joie de nos trois chercheurs de topaze ! L’un d’eux sautait littéralement de joie ! C’est certain qu’ils vont faire des envieux au village !
Nous revenons vers 15h de cette belle randonnée assez fatigante je dois bien le dire. Je dois manquer d’exercice physique, en fait c’est certain vu mon style de vie à Lagos. Donc, fin de ce week-end nature à Jos. Une belle région, un autre Nigeria qui offre beaucoup. Promis, i’ll come back !
ps: d'autres photos dans le répertoir "Ailleurs au Nigéria"!
Il y a des jours comme ça où un malheur n’arrive jamais seul, où la loi des séries s’applique de façon implacable. Ce dimanche dernier en faisait partie. Au moment de sortir de chez moi afin de me rendre à un entretien avec un artiste, voilà que j’apprends le crash d’un vol Lagos-Abuja de Bellview. Le dernier vol de la veille aurait disparu des radars. Dans le taxi pris dans un go-slow, j’achète à un vendeur de journaux la dernière édition du Guardian :117 passagers portés disparus. L’essentiel de l’article est en fait le rapport des paroles d’un officiel qui énumère toutes les possibilités (du détournement au fait que le pilote se serait perdu !) avant de finir par la plus évidente : le crash. Et c’est bien d’un crash dont il s’agit. Un crash qui a eu lieu à 30 km de Lagos creusant un énorme cratère. Le Boeing 737 aurait été victime d’un éclaire d’orage qui aurait sans doute frappé un des ces moteurs. A cet instant, peut de temps après son décollage, un avion reste très vulnérable. Ainsi, samedi soir, à l’heure où chez Florent et Yvan, nous dansions et buvions, un éclair signifia la terrible et mortel chute pour 114 passagers. Trois jours de deuil national a été décreté.
Bellview est loin d’être la compagnie locale la moins sûr. Le Nigeria est couvert par un certain nombre de compagnies privé. Quand à la compagnie nationale, la Nigeria Airways, elle a fait faillite au début des années 2000. En sortant de l’aéroport de Lagos, on peut encore voir ses avions laissés à l’abandon et pourrissant sur place. Lors de mon séjour à Jos, je me souviens de ces heures d’attente tant à l’aller qu’au retour pour prendre le vol sur la seule compagnie effectuant cette liaison. Je me disais que vraiment, cette compagnie n’a pas l’air très sérieuse et que oui vraiment, il ne vaut mieux pas penser au pire à ce moment là. Aujourd’hui, je viens de lire que cette compagnie EAS a perdu un avion dans un crash en 2002…
Cette année, c'est le Tchad qui occupe le sommet du hit-parade.

