Un cinquantième article pour un coup de cœur :
Le site de Julia, la croqueuse d’escrocs !
Sur son blog qui porte le nom Nigeria419, Julia s’attaque à toutes les escroqueries liés à Internet : demandes de virement dans un banque virtuelle ou encore les dialogues avec des beautés de l’est tout aussi virtuelles.
Je vous le conseille : très drôle notamment les dialogues entre Georges et une bombe ukrainienne !
Abuja, la capitale du Nigeria est une ville surprenante. La première fois que l’on s’y rend, comme ce fut le cas pour moi le 14 novembre dernier, on se demande si l’on est bien encore au Nigeria. Imaginez un peu des avenues à 4 voies, de larges trottoirs, des lampadaires qui fonctionnent, de nombreux immeubles d’affaires et bâtiments à l’architecture moderne. Surtout le plus frappant, ce sont les rues de cette ville : elles sont vides d’habitants. Des rues sans âmes étrangement propres, sans l’ombre du moindre plastique sur le sol. Habitant à Lagos, le contraste est saisissant !
A ce moment là, une pensée s’impose à moi : Abuja n’est pas le Nigeria. Elle ressemble plutôt à une ville européenne ou plutôt américaine. A l’entrée de la ville, le stade nationale se dresse dans un écrin de lumière. C’est sous sa coupole que les Super Eagles disputent leurs matches. En ville, difficile d’apercevoir les habitants des classes populaires car ceux-ci sont repoussés loin du centre de la ville. Abuja se veut la vitrine du Nigeria, aucune tache n’est tolérée. Régulièrement, au fur et à mesure de l’agrandissement de la ville, les zones populaires sont rasées sans ménagement pour être « installées » plus loin à la sortie de la ville.
Abuja fut sortie de terre dans les années 80 et devint capital en 1991. Le but était alors d’amener le pouvoir politique au centre du pays et de freiner le développement anarchique de Lagos. Plutôt raté, Lagos continue sa folle croissance, 15M d’habitants aujourd’hui, 25 dans 10 ans. Face à Lagos qui fait encore figure de capitale économique, la capitale fédérale abrite quelques 1.5 Millions d’habitants. La plupart des ambassades et une partie des grandes entreprises ont migré vers cette ville artificielle, sorte de Brasilia de l’Afrique. Les loyers du centre de la ville sont encore plus élevés qu’à Victoria Island à Lagos en raison de la présence de beaucoup de haut-fonctionnaires et de diplomates. La vie culturelle est encore pauvre et le week-end, Abuja ressemble encore d’avantage à une ville fantôme.
Abuja est à bien des égards fascinante. Le Nigeria est peut-être le seul pays d’Afrique qui possède deux villes aussi différentes et opposés. Pour ma part, je préfère le chaos et la frénésie de Lagos à la propreté et au calme de cette ville artificielle.
Ola n’est pas homme à mettre genoux à terre facilement. Ola se relève toujours face aux difficultés. Ola vit à Lagos.
Mais ici dans les collines d’Idenré, Ola a plié face à la nature : la pente glissante d’un gros cailloux. Ne pouvant plus bouger, coincé, Ola a du se résigner et saisir la main tendue.


Excuses Ola, je fais un zoom!
La vie d’un okada man est dure et dangereuse. Les accrochages et accidents sont en effet légions. Il suffit de regarder les jambes des conducteurs d’okada, beaucoup ont des cicatrices et traces d’accidents intérieurs. Dans la rue, la priorité est à celui qui possède l’engin le plus gros. Les automobilistes font guères attention aux nombreuses motos qui déambulent dans les rues. A cela, il faut ajouter que le port du casque est rare et leur conduite si elle est audacieuse n’en est pas moins dangereuse. Ces motos chinoises bon marché n’en demeure pas moins un moyen rapide de se déplacer et éviter ainsi les go-slows.
Pour ma part, je me limite mes déplacements à Victoria Island et Ikoyi. La conduite dans ses rues surchargées demande beaucoup de concentration tant il faut faire attention à tout ce qui circule et marche. Bref, c’est physique et autant vous dire qu’il vaut mieux avoir les yeux en face des trous ! Un blanc sur une okada provoque souvent la sympathie des nigérians et des autres conducteurs d’okada. Arrêté à un carrefour, certains m’interpellent souvent en souriant. Pour eux, il est plus normal qu’un blanc roule en gros 4X4 avec un chauffeur. Alors un blanc sur une okada, cela les fait sourire. Deux blancs sur une okada et là ils se marrent!
Les moments les plus sympas, c’est lorsque la nuit, des nigérians me crient « okada ! » en pensant que j’en suis vraiment une. Et oui, dans le noir, pas évident de voir la couleur de ma peau. Du coup, je m’arrête pour leur demander : « where ? ». Et là, c’est le fou rire assuré! Il y a un mois, je suis tombé stupidement en panne d’essence, heureusement en arrivant juste devant chez moi. J’ai du donc interpeller une okada pour aller remplir un jerrican d’essence à la station la plus proche. Devant le prix trop élevé qu’il me demandait, je lui ai alors dit : « attends, tu as déjà vu toi un oyibo qui roule en okada et qui n’a plus d’essence ? ». Apres une seconde de réflexion, il a éclaté d’un grand rire en me répondant que décidément non, il n’en avait jamais vu de sa vie.
Question mécanique, si le moteur est ok, le reste c’est un peu de la pacotille. Parfois, je perds une pièce en roulant ! La dernière fois, en m’apprêtant à sortir de la résidence, un de mes phares latéraux tombe, là comme ça ! Je le ramasse, même pas surpris, et le confie au gardien. Cela m’arrive souvent, toujours un problème: des crevaisons régulières, les lumières qui fonctionnent une fois sur deux, des pièces qui ne tiennent plus….Enfin bon, au prix de 450 euros, il ne faut pas trop en demander !
Le sous-titre “an interactive journey into an Exploding City” résume bien ce documentaire réalisé par une équipe hollandaise en 2002. Un des rares documentaire sur cette pieuvre urbaine qu’est Lagos. Le réalisateur a filmé des habitants de Lagos dans leur vie quotidienne. Ce documentaire passionnant et riche donne une image assez fidèle de Lagos.
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