Les bombes roulantes de Cotonou
Conduite au pas, klaxons, chaleure oppressante, c'est par un go-slows que je quitte Lagos, comme si cette ville tantait de me retenir dans ses entrailles. Ou peut-être est-ce un dernier clin d'oeil de sa part!
Quoi qu'il en soit, le choix de passer par Appapa ne fut pas le meilleur. A un rond-point, un premier petit accrochage (déjà) avec un de ces stupides danfos fous. Résultat: une belle balafre sur mon coffre flambant neuf et un "I will make it in the name of Jesus" défiguré. Sur l'expressway l'essentiel consiste à slalomer entre les danfos qui s'arretent sans crier gare n'importe où et n'importe quand. Les voitures me doublent de trop prés à mon goût. Bref, faut être concentré à 200%! J'ai en ligne de mire la voiture d'Yvan à quelques mètres devant moi qui me guide vers la sortie de Lagos. Merci Yvan!
80 km plus loin, après Badagry, je refais le plein d'essence: 160 N, ca va!Je consomme moins que prévu finalement. Cela me fait grossomodo une autonomie d'environ 400km. Cela ma rassure car je n'ai pas ajouté de réserves supplémentaires. De toute manière, d'aprés mes infos, on trouve des stations d'essences assez régulièrement sur la route.
A la frontière, pas de probléme, juste une petite interrogation côté nigerian sur l'expiration de mon visa. Je dit adieu à Chairman qui m'a guidé jusqu'ici et me voilà au Bénin! Je me sent déjà plus libre! Je retrouve Xavier à la Société Général de Cotonou. Chez lui en discutant autour d'un verre, je ressent subitement le poids de la fatigue et de ses premiers 120 km (en quatre heures) sur la route. C'est que je n'avais jamais conduit avant plus de 20km! Cela promet! Pour l'heure détente sur sa terrasse, le calme de Cotonou y est presque palapable.
Aujourd'hui, grasse matinée et flanerie à Cotonou. Je croise des rappels agréables de Lagos notamment Guillaume et Laurent. Je passe le reste de la journée avec Bernard, conducteur de Zemidjan la version béninoise des okadas.Il me parle de ses difficultés quotidienne, de se peur de l'augmentation du prix de l'essence notamment si le gouvernement se décide à lutter vraiment contre le trafic d'essence entre le Nigeria et le Bénin. Je bois une bière avec Barnabé vendeur d'une de ces nombreuses "stations" d'essence illicites qui parsément les routes du Bénin. Non loin de là, un tricycle est garé. Formé par la réunion habile de deux vespas, le pilote peut transporter 412 litres d'essence! Il est en fait assis sur un énorme réservoire! Une vértiable bombe roulante! Celui-ci pour diminuer les risques ne roule que la nuit en raison de 2 à 3 voyages...
Demain, je reprend la route vers l'ouest, destination: Lomé.



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