Un peu d’auto promotion! Pendant 10 jours, je vends aux enchères sur Ebay 4 de mes photographies.
Tirages originaux, numérotés et signés par mes soins:
- « Le plongeur de Sébastopol » ; Collection « Images de l’Est »
- « Le chat du cimetière juif de Prague » ; Collection « Images de l’Est
- « Le pompiste » ; Collection « Lagos-Dakar »
- « Le tailleur de Joal »; Collection « Lagos-Dakar »
Cliquez sur le logo Ebay !
Les bonnes choses ont toujours une fin….Plus d’un an que ce blog existe, un an de vie, un an de ma vie.
Aux mots s’ajoutent les images de ce voyage quasi initiatique en moto à travers l’Afrique de l’Ouest. Une manière de clore ce chapitre africain. Quelques mois après la fin de ce périple, ces images me remettent en mémoire tous ces bons moments vécus sur la route, comme un bon film qu’on ne se lasserait pas de revoir. En apercevant mon okada sur ces images, l’envie de remonter en selle me démange à nouveau sérieusement. Et ce n’est pas impossible que je ne craque pas dans un future proche…
Vendredi 2 juin 2006, Terminal B, Orly. Le vol AT 760 de Royal Air Maroc en provenance de Dakar vient de s’immobiliser sur la tarmac. Le ciel parisien est d’un bleu limpide et les écrans de bord indiquent une température extérieure de 23 degrés. Ma première réflexion en posant le pied dans le terminal à la recherche de mes bagages c’est que je vais avoir froid dehors sans aucun pull sous la main. Terminé la chaleur parfois oppressante de l’Afrique. Je me rappelle alors mes premières minutes en Afrique, un an et demi plus tôt, et cette impression de rentrer dans un four à ma sortie de l’aéroport de Lagos. Ce vol clôt donc ce chapitre africain de ma vie. Retour en France dans un monde qui est si différent de cette Afrique Noire… un monde qui n’en demeure pas moins le mien.
Ce sont 10 jours que je vais passer à Paris. L’occasion de revoir des amis, faire de nouvelles connaissances et connaître enfin physiquement une amie rencontrée virtuellement sur ce Lagos-Dakar. Atterrissage en douceur en France avec le concert de Femi Kuti le soir même au Festival des mondes solidaires à Fossoy. Bien sûr, l’ambiance ne vaut pas celle du mythique Shrine de Lagos où je l’avais vu jouer une dernière fois juste avant mon départ. Mais quel plaisir d’entendre à nouveau en live ces morceaux endiablés d’afro beat ! Femi et sa bande ont la même folle énergie qui vous chauffe le public le plus froid qu’il peut exister. Seul l’haleine qui s’échappe de leur bouche témoigne de la fraîcheur de cette nuit de juin. Le soleil règne sur cet agréable intermède parisien. Je me sens très bien dans mon corps et dans ma tête, en fait moi qui connais très peu Paris, je suis quelque part encore dans le voyage. Celui-ci n’est pas encore tout à fait finit. Paris ne me parait plus si désagréable, au contraire. Le fait d’avoir vécu dans la plus grande ville d’Afrique m’a sans doute en quelques sorte vacciné. Après le chaos de Lagos, Paris me semble très calme, très ordonnée, même les déplacement en métro et RER me paraissent agréable, c’est vous dire ! J’ai à peine l’impression d’être dans une ville de 9 millions d’habitants !
Je suis assez étonné par mon état d’esprit. Je pensais plutôt que dés mon arrivée en France, le choc culturel me frapperait fort après tout ce temps en Afrique et ce nomadisme. Mais il n’en est rien, il faut bien le dire. Bien sûr, je suis toujours aussi critique envers les signes de notre société de surconsommation mais je ressens plutôt une certaine plénitude. Etrange, peut-être me suis-je habitué à encaisser le choc culturel du retour en France ? Peut-être est-ce un signe d’une plus grande facilité d’adaptation ? Une chose est certaine cependant pour moi, je ne vais pas échapper au spleen du retour. A un moment ou un autre, il me frappera comme tout le monde, sans doute sur mes terres d’Ardèche.
Le retour chez mes parents fut dans un premier temps un grand plaisir. Heureux de revoir les miens, content de retrouver ces collines d’Ardèche si belles à cette époque de l’année. Mais l’état de grâce toucha à sa fin et après quelques jours, le moral baissa quelque peu. Plus de nouvelles rencontres, le sédentarisme dans un lieu que je connais, bref, j’en viens à me demander encore maintenant comment je vais me réhabituer à un mode de vie plus classique. Cela ne va pas être facile….Il est finalement plus facile pour ma part de vivre un voyage comme celui-là que de me réhabituer à une vie plus normale. Beaucoup trouveront cela étrange sans doute….
En outre, le côté frustrant de vivre à l’étranger se fait encore d’avantage sentir au retour. En effet, on a beaucoup de choses à dire mais on se rend vite compte qu’il est trop difficile pour ceux qui sont restés et surtout qui n’ont jamais connu l’Afrique de prendre la mesure de notre vécu. C’est trop abstrait pour eux. De plus, la plupart ne sont guère curieux de notre expérience et après quelques questions qui sont plus de la politesse, la conversation tourne autour de sujets plus habituels. Je ressens toujours une grande frustration et de la déception.
Le bilan de ce voyage est bien sur extrêmement positif. En fait, il n’y a rien de négatif ! La chance m’aidant, je n’ai rencontré aucun problème de santé, aucune mauvaise rencontre et je n’ai connu aucune chute à moto. Ma route n’a été jalonnée que de gens extras et gentils, bref que du bonheur. Je ne me suis jamais aussi bien senti que pendant ce voyage. Seul, vous prenez de la confiance, de l’assurance et vous allez beaucoup vers les autres. C’est l’avantage des voyages solitaires, vous êtes seul avec vous-même, avec vos limites que vous repoussez souvent. Bref, ce périple m’a apporté beaucoup de confiance en moi, plus de tolérance, plus d’ouverture, une meilleure compréhension de certaines réalités. Et je suis devenu plus bavard ! Et oui, voyagez seul vous pousse vers les autres. Ainsi parfois, je prenais place sur un banc et je discutais avec mon voisin juste pour parlez, de tout et de rien. La question aujourd’hui est : cela va-t-il durer longtemps ? Je veux dire par-là, vais-je perdre ce capital au fil des mois et du retour dans cette réalité qu’est la mienne ? J’espere pas ! Wait and see…
Voyager en Afrique Noire avec ces motos chinoises que l’ont peut se procurer (presque) partout est vraiment un excellent plan ! Un mode de transport bon marché ( entre 300 et 500 euros suivant le pays), économique (150 euros d’essence pour 6000 km) et facile à la revente une fois le voyage terminé ! Un remake de ce voyage en Afrique de l’est, de Djibouti au Cap me tente…A suivre…
Bilan moto:
- 5887 km en 11 semaines de voyage
- 2 rétro cassés
- 3 soudures
- 1 rayon cassé
- 1 clignotant HS
- 1 phare HS
- 2 manettes d’embrayage cassées
- 2 câbles cassés
- allumage electrique HS
- une suspension rompu
- 1 par-boue cassé
- bulle avant cassée

Et bientôt le voyage en images!
Derniers jours en terre d’Afrique…
Voilà c’est fait. C’est la rupture. Je l’ai abandonné aux mains d’un autre homme. Cela n’a pas été une décision facile à prendre. Celle avec qui j’ai partagé tant de souvenirs et de rencontres, celle qui m’a accompagné durant tous ces kilomètres, voilà que je m’en sépare. Elle va donc continuer sa vie à Dakar. Petit moment d’émotion au moment de la quitter. Je la caresse une dernière fois. L’acheteur doit sûrement me trouver bizarre…Je récupère le coffre que je ramène en France et je me sépare donc de mon okada pour 150 000 CFA. Moins que prévu mais sans l’avoir denouaner, la revendre au noir n’est pas aisé. A mesure que la date de mon d&part approchait, j’étais presser d’en finire avec elle. Elle échoue donc dans un atelier moto quelque part vers la porte du 3ème millénaire.

Du coup, je circule en taxi et là c’est nettement moins drôle ! Beaucoup de temps dans les embouteillages ! Vraiment, je trouve Dakar plutôt stressante, non en raison de la ville elle-même qui est plutôt agréable mais en raison de ses habitants. Ils remportant haut la main la palme de la lourdeur ! Je finis parfois la journée assez énervé. Je me surprends à répondre sèchement à l’énième énergumène qui ne comprend pas pourquoi je ne veux pas lui acheter sa marchandise ou qui me demande un service. Il suffit de rester assis 5 minutes sur un banc de la place de l’Indépendance pour ne pas vous ennuyer. Tous les 5 mm, un homme vous accoste. Des vendeurs mais aussi des escrocs. Le lieu est connu pour cela. A chaque fois les mêmes questions toujours dans le même ordre : « bonjour ca va ?; tu es français ?; Tu viens d’où en France ?; Tu habites où a Dakar ?; Pourquoi tu parles pas Wolof ?; « Et souvent cela finit par une demande d’argent pour un soi disant baptême, un mariage ou même pour de l’insuline ! Un classique ici. Aussi, au bout de la troisième journée, je préfère sortire les réponses à l’avance ce qui donne : « Bonjour, ça va bien, je suis français de Lyon (on simplifie !), j’habite chez un ami ici, je suis de passage, non je parle pas wolof et non j’ai pas d’argent sur moi ». Autant vous dire que cela en laisse pantois plus d’un ! Bref, difficile de faire confiance à Dakar.
Peu de deux roues à Dakar. Et parmi ceux-ci les scooters dominent. La grande majorité sont volés en Europe par des filières organisées. Très, très peu de moto « chinoises ».Avec la mienne, je détonne dans le paysage ! Visiblement, ce genre de moto est le propre des pays du Golf de Guinée. Les rares Dragon ou autres marques chinoises que l’on peut voir sont importées de Guinée.

Pendant presque trois mois, j’ai donc découvert une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest, huit pays des tropiques au désert. Une chose parmi d’autres que je retiens de ce voyage c’est l’homogénéité de cette Afrique noire. Car au-delà des différences culturelles, des traditions et des langues, les peuples de ces pays vivent dans la même situation difficile. Et parfois insoutenable. Ils connaissent les mêmes difficultés quotidiennes et aspirent aux même rêves. Cela est sans doute une banalité mais pour ceux dont les yeux sont loin,elle mérite d’être redite. La majorité survivent au lieu de vivre face à cet occident, paradis inaccessible. De Lagos à Dakar, j’ai retrouvé les mêmes attitudes envers les blancs, les mêmes propos, les mêmes astuces pour survivre. Même les paysages ne varient guère dans le fond.
L’Afrique est toujours enfoncée dans la pauvreté et les objectifs fixés par l’ONU sont déjà obsolètes. Corruption, clientélisme, absence d’éducation, mentalités sont quelques-unes une des raisins de cet état. Les effets de l’aide au développement, nécessaire, ne sont guère visibles. On pourrait se demander d’ailleurs quel intérêt ont les pays occidentaux à mettre l’Afrique sur la voie du développement. Car après tout, c’est un formidable réservoir de main d’œuvre a bas prix corvéable à merci pour les basses besognes. De plus, une Afrique pauvre permet une mainmise facile sur les ressources énergétiques. Sans parler de la dimension géopolitique. Bref, une Afrique pauvre est sans doute plus profitable aux pays industriels. …Afro-pessimiste moi ? Sans doute…



