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Une traversée de l’Afrique de l’Ouest avec La moto des nigérians

11 semaines. Une Okada. 6000 km, 8 pays traversés.

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Lagos-Dakar en okada!

Mardi 21 mars 2006

Les bombes roulantes de Cotonou


Conduite au pas, klaxons, chaleure oppressante, c'est par un go-slows que je quitte Lagos, comme si cette ville tantait de me retenir dans ses entrailles. Ou peut-être est-ce un dernier clin d'oeil de sa part!

Quoi qu'il en soit, le choix de passer par Appapa ne fut pas le meilleur. A un rond-point, un premier petit accrochage (déjà) avec un de ces stupides danfos fous. Résultat: une belle balafre sur mon coffre flambant neuf et un "I will make it in the name of Jesus" défiguré. Sur l'expressway l'essentiel consiste à slalomer entre les danfos qui s'arretent sans crier gare n'importe où et n'importe quand. Les voitures me doublent de trop prés à mon goût. Bref, faut être concentré à 200%! J'ai en ligne de mire la voiture d'Yvan à quelques mètres devant moi qui me guide vers la sortie de Lagos. Merci Yvan!

80 km plus loin, après Badagry, je refais le plein d'essence: 160 N, ca va!Je consomme moins que prévu finalement. Cela me fait grossomodo une autonomie d'environ 400km. Cela ma rassure car je n'ai pas ajouté de réserves supplémentaires. De toute manière, d'aprés mes infos, on trouve des stations d'essences assez régulièrement sur la route.

A la frontière, pas de probléme, juste une petite interrogation côté nigerian sur l'expiration de mon visa. Je dit adieu à Chairman qui m'a guidé jusqu'ici et me voilà au Bénin! Je me sent déjà  plus libre! Je retrouve Xavier à la Société Général de Cotonou. Chez lui en discutant autour d'un verre, je ressent subitement le poids de la fatigue et de ses premiers 120 km (en quatre heures) sur la route. C'est que je n'avais jamais conduit avant plus de 20km! Cela promet! Pour l'heure détente sur sa terrasse, le calme de Cotonou y est presque palapable.

 


Aujourd'hui, grasse matinée et flanerie à Cotonou. Je croise des rappels agréables de Lagos notamment Guillaume et Laurent. Je passe le reste de la journée avec Bernard, conducteur de Zemidjan la version béninoise des okadas.Il me parle de ses difficultés quotidienne, de se peur de l'augmentation du prix de l'essence notamment si le gouvernement se décide à lutter vraiment contre le trafic d'essence entre le Nigeria et le Bénin. Je bois une bière avec Barnabé vendeur d'une de ces nombreuses "stations" d'essence illicites qui parsément les routes du Bénin. Non loin de là, un tricycle est garé. Formé par la réunion habile de deux vespas, le pilote peut transporter 412 litres d'essence! Il est en fait assis sur un énorme réservoire! Une vértiable bombe roulante! Celui-ci pour diminuer les risques ne roule que la nuit en raison de 2 à 3 voyages...




 


Demain, je reprend la route vers l'ouest, destination: Lomé.  

Par fabrice dubesset
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Samedi 25 mars 2006

Sous le soleil, c’est bon !



J’écris ces lignes d’un cybercafé de Lomé et j’ai l’impression d’etre encore au Nigeria. Et pour cause, je suis entouré de Nigerians ! Ils travaillent ici en polluant vos messageries. Et oui dans cettre branche là, on délocalise apparemment au Togo. Et attention, ils ont de vrais horaires de travail à en croire le patron du cyber, du matin à 9 heures au soir tous les jours ! Ils utilisent un logiciel pour extraire des adresses mails et ensuite ils balancent à la chaine leur message pour les éventuels pigeaons. Et il y en a toujours !

 

Ce matin, départ avorté pour cause d’averse. La saison des pluies approche à grand pas et je vais devoir faire face à ce genre d’inconvenu souvent ! Celle-ci dure 6 heures de quoi remettre au lendemain mon départ pour le Togo. Anyway, je profite du beau temps revenu pour me ballader dans Cotonou. Coup de cœur pour un sticker de circonstance : « après la pluie vient le beau temps » ! Je l’ajoute sur l’okada ainsi que du Allah, comme cela pas de jaloux que diable ! A ce rythme, à Dakar, ma Honda ne va plus ressembler à grand chose ! En tout cas, vivement demain, j’ai hate de reprendre la route !

 

 

Zemidjans - Cotonou

 

Mercredi 24 mars, 7h55, beau temps, relative fraicheur, checking de la moto ok, estomac remplis, Paré pour Lomé. Lancement réussi cette fois ! Devant le stade de l’Amitié, je fait des photos avec un groupe de zemidjans. Quand je leur dit le but de mon voyage, ils hésitent entre incrédulité et rire ! Les rues de Cotonou sont déjà bourdonnantes d’activité et de Zems. En proportion, ils sont plus nombreux qu’à Lagos ! C’est eux qui dominent la circulation. Mon départ les fait marrer, peut-être je ne suis pas tres crédible en motard ? Ils sont pliés de rire sur leur vespa !

 

Passé les faubourgs de Cotonou, la route est agréable et il ne fait pas trop chaud. Je double des bombes roulantes chargées de bidons. Un peu plus tard, je fait une halte à Grand-Popo où je rencontre Anthony, Terrence et Vanessa venus passés quelques jours au Bénin, recensement oblige. Et oui, interdiction de bouger=pas moyen de bosser= vacances. Une bonne équation en somme !


 

La route Cotonou-Lome


 

Je ne reste pas car je suis attendu à Lomé chez Thomas. 13 km plus loin, voici la frontière. Tranquille comparé à celle de Sémé ! L’officier togolais me fait remarquer que mon visa est périmé. Ha bon, je pensais pourtant que la validité des 3 mois s’appliquait à partir du passage de la frontière, curieux…Bon obligé de débourser 10 000 CFA pour un visa d’une semaine…En fait, Thomas me fera remarquer plus tard que j'avais raison: première arnaque du voyage!

 

La route de Lomé est très bonne… jusqu’à l’entrée en ville. Mon arrivée se fait dans un nuage de poussière et de gaz d’échappement. Juste le temps d’apercevoir le port industriel de la ville. Thomas et son épouse m’accueillent dans leur vaste maison. Après une petite sieste, je finis la journée sur le bord de mer. Agréable. Je discute avec un enfant ne comprenant rien au français, un mec décidemeent louche, un footballeur à l’entrainemant, un zemidjan conspuant les femmes sur les deux roues. Des enfants jouent dans l’eau, je prend quelques clichés. Ma première impression de Lomé est plutôt bonne, cette ville paraît plus ordonné et plus grande que Cotonou. Les togolais sont aussi souriants que leur voisins du Bénin. Bonne arrivée !

 

 

Plage de Lomé



L'enfant - Lomé

Le lendemain, je passe la matinée sur la plage avec un groupe de pêcheurs. C’est l’heure de ramener les filets et le poisson. Une tâche harrassante qui leur demande 4 ou 5 heures d’efforts ! Une vingtaine d’entre eux tirent sans relache le filet au rythme de chanssons et de percussions. Vers 14 heures, la pêche de la journée arrive enfin sur la plage. Résultat : quelques poissons frétillent au fond du filet, peu de grosses prises. Les pêcheurs entourent dans le silence la prise de la journée, la décéption est palpable. Tant d’efforts pour si peu, tout au plus 45 000 CFA au marché. Demain sera peut-être meilleur…

 

 

Pêcheurs ramenant leur filet - Lomé

 


Effort

 

Pêche du jour

 

 

En ville, je me déplace en zem. Ici pas de chemises distinctifs comme à Cotonou mais ils dominent aussi clairement la circulation. Je me marre bien avec eux. Souvent je leur dit : « he attention, moi j’ai peur ! ». Ils éclatent de rire et on délirent pendant le trajet. Parfois, en dépassant un jolie fille en zem, je fait le mec qui est tombé amoureux et je leur demande d’engager la course poursuite, ce qu’ils font dans un grand éclat de rire ! Lomé me plait bien, Thomas et Cookie sont très sympas et au final, je suis resté un jour de plus ! Bon, les gars, il va falloir quand même que j’accélére le rythme car sinon en septembre je suis encore au Sénégal !

Lomé

Par fabrice dubesset
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Lundi 27 mars 2006

La beauté du Togo des collines


Dernière soirée à Lomé pour moi. C’est samedi soir, l’occasion de goûter un peu à Lomé by night. Café-concert (ou plutôt bière-concert) au CCF qui ma foie dispose d’un cadre sympa. On enchaîne dans un bar non loin de là avant d’échouer au Privilège, apparemment la plus grosse boite de Lomé ( et là je suis bien obligé d’avouer que même à Lagos, il n’y pas de lieu comme celui-ci !). Surprise, qui je retrouve encore sur ma route ? Antho, Terence et Vanessa en direct live sur la piste !

 

Réveil un peu dure ce dimanche matin. Je reprend néanmoins la route pour Kpalimé à 120 km au nord de Lomé. Un grand merci à Thomas et Cookie pour leur accueil ! C’était très sympa ce séjour à Lomé ! La route de kpalimé est un vrai régal. Le bitume fend de collines en collines un végétation verdoyante. 20 km avant Kapalimé, je me décide à faire l’ascension du mont Agou. Une route étroite de 11 km conduit à son sommet. Ici à 989m, le panorama vaut le détour. Et encore, le ciel est nuageux aujourd’hui. En temps normal, on peut apercevoir le lac Volta au Ghana ! C’est ce que me dit le militaire qui se tien à mes côtés. Le sommet est en effet un camp militaire.

 

Sur la piste du Mont Agou


Le relief s’accentue autour de Kpalimé. Ces collines, cette végétation et cet aire frais font d’avantage penser à l’Europe. Demain, j’enchaîne sur le Ghana. Je serais cette fois seul pendant une semaine. Demain, cela fera également une semaine que je suis sur la route. Je saisi d’avantage la spécificité que fut ma vie au Nigeria. Ses contraintes surtout lorsque je vois celle des autres au bénin ou au Togo. L’Afrique francophone (ou plutôt la franceafrique…) que je traverse possède une atmosphère de calme et de nonchalance aux antipodes de Lagos.

 

Eglise catholique - Kpalimé

Dans l’hôtel où je suis, la télé diffuse le journal de France2 : une longue litanie de grèves, manifs et émeutes. Ca donne pas trop envie de retourner en France ! Pour l’heure, vive la politique de l’autruche !

Voilà l’état de mes réflexions en ce dimanche soir debout dans la piscine de l’hotel. Le ciel est constellé d’éclairs. L’orage se prépare. Il fut d’une violence terrible.
Par fabrice dubesset
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Jeudi 30 mars 2006

Akosombo, porte d’entrée du lac Volta

 

En route pour le Ghana! Kpadape au Togo sera la ville frontiere. La route qui y mene est parsemee de trous, voire de craters. Cote togolais, une ficelle tendue fait office de barriere. Derriere son bureau, le sergent-chef encaisse les pieces des frontaliers qui peuvent ainsi passer de part et d’autre sans autre forme de procedure. Apres cette soudaine affluence, il deigne s’occuper de mon cas. Un jeune home lui tend un billet l’air visiblement presse, < laisses-moi, tu vois pas que je travail la!> lui lance-t-il. Pas tres bavard l’officier avec moi. Anyway, let’s go to !


 


 L'entrèe au Ghana par une piste


Le bitume troue laisse la place a une piste de terre. Un village se profile au sommet d’une colline. Je pousse la bete concentre a eviter les trous. Soudain, une ficelle au milieu de la piste! Je pile sec. C’est la douane! J’ai faille ne pas m’arreter! Les douaniers me regardent d’un oeil mauvais. Dans le style, je passe discret….Bon, je rentre au comme une lettre a la poste et je peut reprendre la route, ou plutot la piste. Une mauvaise piste jusqu’a Ho a 20 kilometres. Long et fatiguant. Content de retrouver le bitume et le pidgin. Ici aussi on use du broken English avec quelques differences tout de meme.  Beaucoup de monde a deja bosse a Lagos . La capitale economique du attire comme un aimant autour d’elle. La route vers Accra longe le lac Volta , veritable mer interieur du pays. Pour l’heure, je n’en vois rien, je file sur une belle route ne croisant que des taxis et autres buses.


 

Boutique vidéo: la plupart sont des films nigérians

 

Voila Akosombo. Akwaaba! Ce qui signifie bienvenue comme le souligne des affiches touristiques. Ce port a l’extremite sud du lac dessere par ses navires les principales agglomerations qui borde l’un des plus grands lacs artificieles au monde. Au Volta Hotel, je me fait une pause bouffe. A 100 dollars la chambre, je ne vais pas rester longtemps dans le coin. La terrasse de l’hotel fait face au lac et au barrage. Beau panorama. La pluie m’empeche de poursuivre sur Accra . Sous les gouttes epaisses, je trouve un hotel au nom prometteur, le Heaven Hotel. Je suis le seul client, les enfants du patron s’occupent de moi. Je trouve le paradis plutot cher pour ma part!


 

Le lac Volta, un des principaux points touristiques du pays

La, franchement, j’ai un bon feeling avec le ! Les gens sont souriants et hyper acceuillants! Meme les policiers, c’est vous dire! Le pays a l’air relativement assez developpe. A voir la suite les prochains jours!

 

Petit info, mes premiers 500 km m’on coute moins de 10 euros en essence! Qui dit mieux?

 

Je rencontre George dans un bar de la ville. Il travaille pour la Volta River Authority, une grosse enterprise en charge de l’exploitation du lac et de son barrage. Akomsobo ne vit que grace a ce barrage et cette compagnie. Beaucoup de monde y travaille. La ville a des allures de cite dortoire ouvriere avec ces nombreux pavillons construits a l’identique.

ps: sorry-o pour les fautes, a partir de maintenant, c'est du clavier anglais!

ps2: on parle de moi sur le site lagoslive!

Par fabrice dubesset
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Jeudi 30 mars 2006

Et voila les premiers pepins mecaniques!

 

Il fallait bien que cela commence un jour! Ce matin, moi qui m’etais leve tot pour une longue journee de moto, voila-t-il pas qu’une fois en selle, des le passage de la premiere vitesse, le cable d’embrayage lache! Pas grave me direz-vous, j’en avais pris un de secours. Oui, mais voila je n’ai pas achete le bon! Il differe legerement et impossible de le mettre! Argh! Le patron de l’hotel appelle un mecanicien qui m’explique qu’il faut la pousser jusqu’a son atelier, chouette!Tant bien que mal, il conduit l’okada en passant les vitesses sauvagement. On est meme pres de se planter! Il est deja 11 h. 2h30 plus tard, la moto est prete.

 

 

 Chez le mécano


Bilan: le mauvais cable a ete quand meme utilise mais avec un amenagement: un vis ajoute bloque l’une des extremites. Je rajoute ensuite une ficelle pour tendre le cable qui sinon se brule au contact du tuyau d’echappement. Systeme D quoi! Au passage, il manque 6 vis sur la becane! J’ai pas compte au total leur nombre, mais a ce rythme, il va pas me rester grand chose a Dakar !

 

Depuis mon arrive au Ghana, je vois peu de moto. Ici, les taxis jaune et rouge dominent. La course est peu chere. Durant les annees prosperes du , on trouvait peu de ces moto-taxis. Les Togolais se moquaient meme de leur voisin beninois obliges de trimballer des gens pour vivre. Puis avec les annees de crise, ils s’y sont mis aussi. Est-ce a dire que le nombre de moto est proportionnel au niveau de developpement du pays?

 

30 km d’expressway mene a Accra . Un vent assez fort souffle, pas facile de garder le cap quand en plus un semi remorque vous double! A partir de la capitale, la route est tres belle et longe la cote. Winneba est une petite ville tranquille.C’est ici sur ces plages que je verrais cette fameuse eclipse du 29 mars.

 

 

Bilan après 8 jours:

 

- un cable rompu

- 6 vis manquants(1 de remplace)

- une arnaque

Par fabrice dubesset
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